Le mème des 1 000 000 pages sur Google

Un mème est une forme d’idée qui se propage à peu près toute seule comme si elle avait une vie propre (éventuellement en se modifiant ou en évoluant). Le principe en a été décrit pour la première fois par Richard Dawkins dans son ouvrage « The selfish gene » (« le gène égoïste ») où il fait le parallèle entre gène et mème. J’avais précédemment décrit l’évolution d’un mème qui m’avait particulièrement plu : cette série de phrases comiques généralement intitulée « Pourquoi la poule a-t-elle traversé la route ? » et que l’on retrouve un peu partout sur Internet.

Mais il m’est venu à l’esprit l’existence d’un mème dont la force est étonnante, qui perdure et dont la plupart des gens ne semblent même pas percevoir la faiblesse du raisonnement qui lui permet de vivre.

De plus en plus, chaque fois que il parle d’un phénomène nouveau, un journaliste va se précipiter sur Google pour nous informer du nombre d’occurences de ce mot dans le fameux moteur de recherche. Ainsi, avec l’apparition de la grippe aviaire dans les actualités, on a pu nous informer de l’importance du phénomène en citant Google et le nombre de cas ainsi recensés. Après qu’un joueur de foot célèbre se soit laissé aller à un mouvement de tête restitué par des millions de téléviseurs, on a pu en rechercher l’importance par une recherche des mots « Zidane coup de tête » toujours sur Google.

Je suis assez amusé de voir l’efficacité d’Internet et d’un de ses outils emblématiques. Mais il y a deux choses qui me perturbent dans cette utilisation du moteur de recherche Google à cette fin. Tout d’abord, quiconque a déjà utilisé Google sait bien que l’information de quantité donnée par Google n’a qu’un intérêt purement anecdotique et ne rapporte aucune information utile sur la pertinence des résultats (réfléchissez ! A quand remonte la dernière fois que vous avez seulement regardé ce chiffre qui apparaît sur chacune des recherches Google ?) Mais dans un contexte journalistique ou d’information, on va nous rebattre les oreilles avec ce point de détail dont même Google n’ose affirmer qu’il a une signification.

Le second point qui me travaille est que dans la plupart des cas, il s’agit simplement d’une recherche non pas sur un mot isolé (« Zidane » ne renseignerait que sur la popularité d’un footballeur) mais sur une composition de termes (« voiture à hydrogène »). Et là, les résultats sont généralement terriblement biaisés par l’absence d’une véritable combinaison des mots. Ce que la plupart des gens ratent immanquablement est que le fait d’oublier les guillemets qui groupent les mots dans la recherche mène directement à une inflation dans le résultat.

Autant pour la précision scientifique de ces données !

Je suppose que je ne modifierai en rien le développement de ce mème que nous continuerons à observer dans les années à venir (tant que Google restera le moteur de recherche dominant d’Internet et continuera à indiquer ce résultat).

Compléments

Quelques liens complémentaires qui peuvent vous intéresser ici :

  • Google trends, pour comparer jusqu’à cinq mots-clés et les tendances dans leur recherche.
  • Google suggest utilise les statistiques sur les recherches de mots-clés pour orienter votre recherche pendant que vous tapez vos propres mots-clés

4 comments for “Le mème des 1 000 000 pages sur Google

  1. fharper
    20 août 2006 at 00:20

    Tout

  2. Bernadette
    20 août 2006 at 15:05

    O

  3. 20 août 2006 at 15:42

    Et oui ! Les r

  4. 23 août 2006 at 00:08

    Blog de Jean V

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