Roumazeilles.net

CrĂ©ation d’un RAID-1 sur OpenSuse

Cela fait longtemps que je souhaite tester en vraie grandeur la technologie RAID pour le stockage de fichiers sur mon propre rĂ©seau local. Cette technologie a l’avantage d’ĂȘtre considĂ©rablement plus sĂ»re que le stockage habituel sur disque dur. En s’appuyant sur plusieurs disques au lieu d’un, le RAID permet d’acquĂ©rir une sĂ©curitĂ© supplĂ©mentaire. Pour faire court, si un disque dur tombe en panne (ça arrive !), la matrice RAID (RAID Array, en anglais) continuera Ă  fonctionner sans perte de donnĂ©es [plus de dĂ©tails sur l'encyclopĂ©die Wikipedia].

NĂ©anmoins, jusqu’ici cette technologie n’Ă©tait pas Ă  mettre entre toutes les mains. Vous deviez ĂȘtre un spĂ©cialiste des ordinateurs pour en avoir entendu parler et un passionnĂ© pour vous en servir. Cela a changĂ© avec deux choses nouvelles :

  • Le marchĂ© a vu apparaĂźtre des Ă©quipements RAID prĂȘts Ă  l’emploi. Vous achetez, ça marche.
  • GNU/Linux inclut maintenant les outils nĂ©cessaires pour construire votre propre matrice RAID si vous ĂȘtre prĂȘt Ă  relier vos disques durs Ă  votre boite GNU/Linux.

Je voulais tester cette derniĂšre solution. J’ai donc dĂ©cidĂ© de donner ici un rĂ©sumĂ© de mes aventures lors de mes expĂ©riences avec les technologies RAID. J’ai simplement connectĂ© deux disques durs (deux drives en mode redondant RAID-1) sur une installation OpenSUSE 10 que j’avais rĂ©cemment installĂ©e sur une machine.

Mon intention -pour ĂȘtre plus prĂ©cis- est de tester le comportement de la matrice RAID dans les conditions suivantes :

  • Que se passe-t-il si nous n’avez pas deux disques identiques pour commencer (c’est assez courant si vous ne les achetez pas ensemble ou s’ils proviennent d’une rĂ©cupĂ©ration) ?
  • Que se passe-t-il quand un disque dĂ©faille (la solution est sensĂ©e me protĂ©ger contre cette situation, mais je prĂ©fĂšre vĂ©rifier plutĂŽt que de faire confiance Ă  la publicitĂ©) ?
  • Que se passe-t-il quand on branche un nouveau lecteur pour remplacer celui qui a cassĂ© ? Et, lĂ  encore, je dois faire la supposition que le lecteur de remplacement n’a Ă  peu prĂšs rien Ă  voir avec celui qui est tombĂ© en panne (aprĂšs quelques annĂ©es de bons et loyaux services, il n’y a aucune chance de retrouver exactement le mĂȘme disque pour remplacer le disque dĂ©cĂ©dĂ©).

De plus, je voulais aussi comprendre si tout cela Ă©tait bien abordable par un utilisateur lambda. Pas un hacker de type gourou informatique mais simplement quelqu’un qui sait comment ajouter un pĂ©riphĂ©rique dans un ordinateur je savais dĂ©jĂ  que certains outils sont disponibles avec une interface Ă  ligne de commande ; cela n’allait pas me faire peur, mais cela reste trop Ă©loignĂ© du commun des mortels pour ĂȘtre vraiment acceptable par tous).

Brancher les disques

PremiÚre étape : installer physiquement les disques durs dans la machine. Aucune difficulté ici. Attacher les disques aux cùbles ATA-IDE, brancher les alimentations et rebooter.

A l’heure du formattage

Bien sĂ»r, aprĂšs avoir banchĂ©, vient l’habituel moment du partitionnement et du formattage des disques. Comme nous construisons tout de mĂȘme une configuration inhabituelle je craignais le pire. Mais rien de tout cela.

Mon premier mouvement fut le bon. Je me rends sur YAST l’outil de configuration d’OpenSUSE (facile Ă  trouver dans le menu systĂšme). Au lancement de YAST, il faut entrer le mot de passe de l’utilisateur root, mais c’est normal pour toute manipulation de type systĂšme sur votre machine. Si vous vous lancez dans une telle manip, vous ĂȘtes vraiment l’adminstrateur de la machine, n’est-ce pas ? A l’option SystĂšme, j’ai choisi l’outil de partitionnement.

YAST - partitionnement

La liste montrait déjà les disques durs normaux de ma configuration (/dev/hda dans le cas présent) et présentait deux disques non formattés (/dev/hdb et /dev/hdd en bas de la liste).

Alors, j’ai pu demander la crĂ©ation de deux partitions primaires pour les deux disques durs que je venais d’ajouter. Cela, en utilisant le bouton CrĂ©er… en bas de l’Ă©cran. La seule chose Ă  laquelle il fallait ĂȘtre attentif est d’Ă©viter absolument les options par dĂ©faut et de bien choisir une partition non-formattĂ©e de type OxFD Linux RAID (le nom est une bonne indication, mais il faut regarder plutĂŽt que de se laisser aller Ă  cliquer OK tout de suite). Un dĂ©tail ici, comme je voulais vĂ©rifier le comportement avec des disques de taille diffĂ©rente et que je ne disposais que de deux disques identiques, j’ai choisi de ne partitionner qu’une partie du disque /dev/hdb disc (2048 cylindres seulement pour environ 20Go).

YAST - création de la premiÚre partition

J’ai ensuite rĂ©pĂ©tĂ© l’opĂ©ration pour le second disque avec une taille de partition lĂ©gĂšrement supĂ©rieure (3092 cylindres pour envrion 30Go), nous conduisant Ă  la configuration suivante :

YAST - aprÚs la création des partitions RAID

Création de la matrice RAID

La crĂ©ation de la matrice RAID (RAID array) Ă  partir des deux partitions des deux disques est on ne peut plus facile. AprĂšs avoir appuyĂ© sur le bouton RAID/CrĂ©er RAID…, j’ai vu l’Ă©cran suivant :

YAST - choix du type de RAID

Le choix d’un type de RAID peut ĂȘtre un peu difficile Ă  priori, je vous conseille donc de lire prĂ©alablement l’article de l’encyclopĂ©die Wikipedia sur le RAID. Mais dans le cas le plus simple -le mien- il s’agit uniquement de prendre l’option RAID-1 (deux disques fonctionnant en parallĂšle pour fournir une sĂ©curitĂ© maximale pour un stockage total de la taille du plus petit des deux disques).

Nous voyons ensuite un Ă©cran avec la liste des partitions RAID existantes (les deux que je viens de crĂ©er sur /dev/hdb et /dev/hdd). Il ne reste qu’Ă  les sĂ©lectionner avec le bouton Ajouter en bas de la fenĂȘtre de dialogue. Quand les deux partitions ont Ă©tĂ© ajoutĂ©es Ă  la matrice RAID, l’Ă©cran se prĂ©sente comme suit :

YAST - Le RAID est configuré

Formattage de la matrice RAID

La matrice RAID créée, il reste encore Ă  la formatter comme un disque normal (en appuyant sur le bouton Suivant en bas Ă  droite de l’Ă©cran). Vous vous retrouvez sur l’Ă©cran habituel de YAST :

YAST - formattage de la matrice RAID array

Ici, j’ai chois d’accepter toutes les options par dĂ©faut, y compris le systĂšme de fichier Reiser. Mais j’ai choisi un point de montage du nom de /secure (c’est semble-t-il un choix complĂštement libre, j’ai simplement voulu dĂ©signer clairement l’avantage de sĂ©curitĂ© attachĂ© Ă  ce stockage nouveau).

Pressez ensuite le bouton Terminer en bas Ă  droite de l’Ă©cran. Vous ĂȘtes amenĂ© sans encombre Ă  l’Ă©cran suivant qui rĂ©sume les actions et montre le rĂ©sultat de la crĂ©ation du RAID sous la forme de la prĂ©sence du lecteur RAID /dev/md0 en bas de la liste des disques.

YAST - prĂȘt Ă  appliquer toutes les commandes

Il faut bien comprendre qu’un des avantages de YAST est que cet outil ne fait rien de dangereux ou compliquĂ© avant cet instant. En fait, toutes les commandes ont Ă©tĂ© prĂ©parĂ©es, mais aucune n’a encore Ă©tĂ© appliquĂ©e (ni partitionnement, ni formattage). Vous pouvez donc vĂ©rifier que le rĂ©sultat est bien celui que vous attendiez avant de presser le bouton Appliquer en bas Ă  droite de la fenĂȘtre. Ce n’est qu’Ă  ce moment-lĂ  que les choses vont se dĂ©rouler comme commandĂ© par vous.

Si -ou quand- vous le demandez, vous serez mis en prĂ©sence d’un Ă©cran de confirmation trĂšs semblable au suivant :

YAST - appliquer aux disques les modifications

Si vous ĂȘtes prĂȘt, c’est le moment d’appuyer sur le bouton Appliquer en bas Ă  droite de l’Ă©cran. Cette confirmation va lancer les opĂ©rations de crĂ©ation de la matrice RAID (RAID array) en arriĂšre plan.

Cela prendra certainement un certain temps, mais c’est trĂšs tranquille puisque vous pouvez immĂ©diatement reprendre la main pour continuer Ă  utiliser votre ordinateur pour les Ă©tapes suivantes.

Partage de la matrice RAID

Comme mon intention Ă©tait de disposer d’un lecteur Networked Attached Storage (NAS) drive, je devais encore le rendre accessible depuis le rĂ©seau par le serveur SAMBA/SMB. C’est une Ă©tape trĂšs courante sur un serveur de fichiers, mais ce n’est nĂ©cessaire que si vous souhiatez partager votre matrice RAID avec d’autres ordinateurs. Par exemple, si vous n’avez qu’un ordinateur, cette Ă©tape est inutile.

NĂ©anmoins, c’est trĂšs facile. Allez dans une autre partie de l’outil de configuration YAST : Services rĂ©seau et serveur SMB (Network services and SMB server). La demande d’un nouveau partage (share en anglais) amĂšne Ă  l’Ă©cran suivant :

YAST - partage de la matrice RAID sur SMB

Il faut fournir quelques informations de base : le nom de partage (”secure” pour ĂȘtre homogĂšne avec mes choix prĂ©cĂ©dents), un texte libre pour dĂ©crire le volume partagĂ©, et le chemin d’accĂšs au rĂ©pertoire partagĂ© (”/secure”). L’appui sur le bouton OK amĂšne Ă  la nouvelle liste de partages qui montre “secure” nouvellement créé :

YAST - Matrice RAID partagée sur SMB

Il ne vous reste qu’Ă  appuyer sur le bouton Terminer. Votre matrice RAID est maintenant visible.

Autres détails

Selon vos paramĂštres exacts, vous aurez peut-ĂȘtre besoin de donner des droits d’accĂšs Ă  des utilisateurs. Dans mon cas (je travaille sur un rĂ©seau local privĂ©, fermĂ© et dont je suis le seul utilisateur), j’ai choisi de donner accĂšs Ă  tous avec la commande chmod +777 (voir ci-dessous).

leakey:/secure # chmod +777 /secure
leakey:/secure #

AprĂšs quoi, il ne reste qu’une chose Ă  faire : attendre la fin de la construction de la matrice RAID (souvenez-vous, je vous ai indiquĂ© que cela pouvait ĂȘtre long mĂȘme si cela ne vous empĂȘche pas de travailler avec l’ordinateur pendant la construction en arriĂšre-plan). Vous ne devriez essentiellement rien remarquer sauf le clignotement trĂšs rapide ou l’allumage continu de la LED rouge d’accĂšs aux disques. Jusqu’Ă  la fin des opĂ©rations RAID.

Si vous voulez une information encore plus précise, vous pouvez utiliser la ligne de commande suivante :

leakey:/secure # cat /proc/mdstat
Personalities : [raid1]
md0 : active raid1 hdd1[1] hdb1[0]
16458496 blocks [2/2] [UU]
[========>............] resync = 43.8% (7218432/16458496) finish=6.7min speed=22799K/sec

unused devices:

Cela vous indique que la matrice est en cours de constrcution (43.8% d’avancement). AprĂšs la fin de la construction, la commande donnera plutĂŽt un rĂ©sultat comme ci-dessous :

leakey:/secure # cat /proc/mdstat
Personalities : [raid1]
md0 : active raid1 hdd1[1] hdb1[0]
16458496 blocks [2/2] [UU]

unused devices:
leakey:/secure #

Mais si vous ne voulez pas vous casser les pieds avec ces arcanes, contentez-vous de la LED rouge. C’est bien assez, je pense. DĂšs qu’elle revient Ă  l’Ă©tat Ă©teint ou seulement rarement clignotante, les opĂ©rations de crĂ©ation sont finies et votre matrice RAID est pleinement utilisable.

Autres articles similaires :


  • Feed des réponses.

5 réponses à “CrĂ©ation d’un RAID-1 sur OpenSuse”

  1. fharper a dit :

    Il serait peut-

  2. Roumazeilles Yves a dit :

    J’ai regard

  3. ted a dit :

    Justement FreeNAS est le projet du mois chez SourceForge:

    > Project of the month: http://sourceforge.net/potm/potm-2007-01.php

  4. fharper a dit :

    J’ai eu le m

  5. Roumazeilles Yves a dit :

    Maintenant que Google Mail est gratuit et ouvert

Laisser un commentaire ou une réponse Commentaires

Vous devez être connecté pour poster un commentaire.


http://www.roumazeilles.net/

Copyright (c) 1999-2008 - Yves Roumazeilles (tous droits réservés)

Dernière mise à jour : 23-nov-08

Recherche fournie par Google.com
Roumazeilles.net
Roumazeilles.net