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Aujourd’hui, je veux vous prĂ©senter un film-Ă©vĂ©nement, un des monstres sacrĂ©s du cinĂ©ma mondial, une merveille de 1950. RashĂ´mon est un des films les plus marquants de son Ă©poque, mais reste aujourd’hui encore une pĂ©pite Ă©tonnante Ă la fois par son contenu et par sa forme. Akira Kurosawa n’est pas n’importe quel cinĂ©aste, c’est l’auteur de Yojimbo (le garde du corps) qui a inspirĂ© aussi bien Pour une poignĂ©e de dollars avec Clint Eastwood que Last man standing avec Bruce Willis (le moins bon des trois). C’est aussi l’auteur des Sept samurais qui sera repris quasi-intĂ©gralement dans le western des Sept mercenaires.
Mais Akira Kurosawa n’a pas Ă©tĂ© qu’un cinĂ©aste japonais, il a surtout Ă©tĂ© Ă l’origine d’une vĂ©ritable rĂ©volution du cinĂ©ma japonais du 20e siècle. Il y a introduit des techniques et des idĂ©es venues de l’Occident (un peu comme Hokusai avait intĂ©grĂ© les peintres impressionnistes dans ses estampes), et il en a fait un cinĂ©ma d’exception oĂą tout est bon. RashĂ´mon est bien de cette catĂ©gorie. Une mĂŞme histoire, racontĂ©e de diffĂ©rents points de vue, prend la dimension de quatre histoires emmĂŞlĂ©es. Chaque angle de prise de vue apporte une teinte et une perception distinctes. Le spectateur va ĂŞtre pris dans les mouvements du cinĂ©ma et l’on perçoit directement comment il n’y a pas de point de vue idĂ©al, comment le cinĂ©ma (et le cinĂ©aste) raconte une histoire personnelle simplement en posant la camĂ©ra en un lieu plutĂ´t qu’un autre.
Mais ce sont aussi trois drames d’ĂŞtres plongĂ©s dans leur environnement, leur culture, leurs prĂ©jugĂ©s et ceux de leurs contemporains. L’Ă©motion est profonde sans jamais devoir pencher vers la mièvrerie.
On retiendra que RashĂ´mon a Ă©tĂ© la raison de la crĂ©ation de l’Oscar du meilleur film Ă©tranger. Un film qui brise tellement de tabous cinĂ©matographiques, tout en Ă©tant attractif pour le plus grand public, qu’il mĂ©ritait d’avoir une catĂ©gorie pour lui tout seul aux Oscars d’une industrie cinĂ©matogrpahique hollywoodienne toute puissante.
Synopsis
ToshirĂ´ Mifune y joue un bandit qui est accusĂ© du meurtre d’un homme. Mais a-t-il aussi violĂ© la femme de sa victime. Quatre tĂ©moins (dont le bandit et ses victimes) vont raconter la mĂŞme sĂ©quence d’Ă©vĂ©nements. Chacun va colorer diffĂ©rement son rĂ©cit en fonction de ses souvenirs plus ou moins complets et de ses ajouts plus ou moins nombreux. OĂą est la vĂ©ritĂ© ? Que sont les souvenirs ?
Après cela, vous pourrez revoir Pulp Fiction (un film que j’adore) et percevoir combien il est difficile de retrouver l’Ă©lan de RashĂ´mon.
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