Le DRM tue les affaires

On ne parle que de ça aujourd’hui sur Internet : l’allemand MusicLoad a révélé que 75% des appels de clients à sa hotline provenaient de ceux qui avaient à se plaindre de l’inclusion de Digital Rigths Management (DRM – Gestion des Droits d’auteur Numériques) dans les fichiers MP3 qu’ils vendent.

Venant d’une société qui vit de la vente de fichiers MP3 légaux, cela a beaucoup plus de poids qu’à l’accoutumée. Jusqu’ici, le même message était répété à l’envie, mais les majors de la production phonographique préféraient soit ignorer soit minimiser le phénomène. Maintenant, cela vient directement de l’un des cercles les plus proches de la source.

On vous dit que la présence de DRM pose des problèmes répétés aux clients qui achètent normalement leur musique, mais que seuls les pirates ne sont pas ennuyés. Plus d’un a fini par télécharger en MP3 des fichiers qu’il n’en pouvait plus d’essayer de faire fonctionner par ailleurs.

J’ai moi-même un DVD du « Patient anglais » qui refuse obstinément de se laisser lire sur mon PC de Home Cinema. Je ferai sans doute mieux de simplement le laisser sur son étagère pour regarder une version téléchargée par BitTorrent…

Ne vous trompez pas. Je ne suggère pas un piratage libéré. Mais aucun business ne peut survivre en ignorant les demandes de ses clients. Le consommateur veut de la musique en ligne, il est prêt à payer (demandez à iTunes et MusicLoad, ils ont des clients pas seulement des pirates), mais il ne veut plus être enquiquiné (ou plus) pour utiliser sa musique comme il l’entend. C’est un appel aux départements marketing des majors du disque : inventez donc le service qui permettra de disposer d’une vraie industrie de la musique en ligne. La concurrence du P2P disparaîtra. Elle ne fera pas le poids face à un service à la hauteur des attentes du public (avoir un concurrent gratuit n’a jamais empêché de faire des affaires : demandez à Perrier si la concurrence de l’eau du robinet est déloyale ; il font très bien avec).