Expérience photo à Shanghai

Alors que j’écris cet article, je suis à Shanghai pour un déplacement professionnel (mon entreprise semble croire que je peux améliorer quelque chose dans notre usine de Pudong, dans la banlieue de Shanghai). Comme photographe amateur, je me suis bien sûr réservé un peu de temps pour les opportunités photographiques et je voulais partager deux aspects de cette expérience.

Photographier (à) Shanghai

La première et plus évidente observation dans cette ville gigantesque de 17 millions d’habitants est l’intense présence de la poussière. Et ce n’est pas pour rigoler ! La ville est en construction permanente (ou plutôt en « re-construction » permanente). Des zillions de camions transportent des montagnes de terre pour creuser le sol qui va accueillir les gratte-ciels partout dans la ville. Si on y ajoute l’intense pollution industrielle, voilà une atmosphère plus épaisse que le brouillard.

Je voulais prendre quelques photos ; pas de paysages panoramiques (même depuis le plus haut des immeubles) : par le jour le plus clair, le ciel est blanc-gris et la visibilité réduite à un point qui m’a surpris alors que j’avais été prévenu. Néanmoins, Shanghai est une ville moderne où les prises de vue nocturnes sont un vrai régal. Il y a de la lumière et des constrastes partout : des immeubles avec des éclairages de haut en bas, des publicités géantes, des affichages de toutes les tailes et de tous les genres, des bateaux illuminés sur la rivière Huangpu. Tellement de lumière que vous ne vous servirez peut-être pas de votre trépied si vous aceptez de passer en mode « gros ISOs ».

Lever de soleil sur Shanghai - Copyright (C) 2008 Yves Roumazeilles Autoroute et balai - Copyright (C) 2008 Yves Roumazeilles
Pudong vu du Bund - Copyright (C) 2008 Yves Roumazeilles Immeuble rouge à Shanghai - Copyright (C) 2008 Yves Roumazeilles
Rue de Shanghai de nuit - Copyright (C) 2008 Yves Roumazeilles

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Acheter de la photo à Shanghai

OK ! Shanghai n’est pas aussi attirante que les prix de Hong Kong, mais la Chine est généralement un lieu où rencontrer les bonnes affaires en matière de photo. A Shanghai, là où il faut aller -en dehors des habituels centres commerciaux spécialisés dans l’électronique comme à Pudong au sud de Shiji Avenue– est le marché photo de Luban Lu et Xietu Lu (« Lu » veut dire « route » en chinois), que j’ai facilement trouvé grace à Internet (c’est un peu au nord du pont Lupu et de Zhongshan N° 1 Rd, à Puxi).

Marché de la photo à Shanghai - Copyright (C) 2008 Yves Roumazeilles Carrefour de Xietu Lu et Luban Lu - Copyright (C) 2008 Yves Roumazeilles

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Vous y trouverez tout pour la photo. 6 étages de petites boutiques. Bien sûr, la plupart des grandes enseignes de la photo (Canon, Sony, Nikon, Pentax, Sigma, etc.) sont là au rez-de-chaussée. Mais comme dans beaucoup de centres commerciaux de Shanghai, plus vous grimpez dans les étages, plus les affaires apparaissent -jusqu’à des ventes au bac d’articles en vrac.

Apparemment, le risque de tomber sur de mauvaises copies est limité, même s’il est souvent difficile de faire la différence entre un produit original et sa copie. Néanmoins, je n’ai rencontré aucun prix trop-beau-pour-y-croire (la marque de presque toutes les copies illégales), juste quelques affaires intéressantes et quelques prix un peu moins impressionnants. Semble-t-il, les prix sont un peu meilleurs que la plupart des bons prix européens (même en tenant compte de la nécessité d’ajouter la TVA à payer au retour en Europe) avec rien de violemment surprenant. Quoi qu’il en soit, souvenez-vous que la règle est à la négociation des prix. Quelques conseils :

  1. Connaître le prix européen de l’article qui vous intéresse (pour ne pas s’emballer sur un prix qui n’est absolument pas une affaire),
  2. Connaître le taux de conversation Euro-Yuan (tout se paye en liquide et en Yuans (ou RMB) qui vaut approximativement 10 yuans pour 1 euro),
  3. Demandez le prix en Anglais simplifié (« for this, how much? » – « pour ça, combien ? »),
  4. Les vendeurs vous donneront un prix sur l’afficheur d’une calculatrice de bureau. Prenez-la pour taper un autre prix pour commencer à discuter. Une baisse de 5% semble être systématiquement atteignable, mais ne rêvez pas de diviser le prix par 2 sur l’immense majorité des articles. Si la vente peut se faire, un bon sourire et un échange de « OK » suffira pour rendre l’accord clair mais aux non-anglophones.
  5. Toujours garder en main l’objet qui vous intéresse. Ne jamais laisser partir le vendeur en direction de l’arrière-boutique. Pas même pour l’emballer proprement. Il est trop facile de voir l’article échangé pour un autre moins intéressant.

Tout le monde est très accueillant et même des clients se sont spontanément offert pour m’assister auprès de vendeurs ne parlant pas un mot d’anglais. Plusieurs personnes ont vraiment voulu savoir d’où je venais, ce que je cherchais dans le marché, etc.

En parlant de bonnes affaires, j’ai vu quelques trucs intéressants pour les Minoltistes ou les amateurs de reflex Sony comme moi : les trois derniers étages contiennent un bon nomber de boutiques d’occasion de relativement bonne qualité. Plein de matos, de toutes les marques connues et de quelques autres… Exemples d’objectifs Minolta d’occasion :

  • Minolta Apo G 300mm/2.8 pour 17,500 RMB, y compris le coffre original en bois renforcé et en bon état (une affaire correcte si vous ne comptez pas la TVA)
  • Minolta Apo G 600mm/4 pour 38,000 RMB, sans le coffre original, mais en état parfait (60% du prix eBay normal, plus la TVA. C’est pas mal pour plusieurs kilos de verre et de métal pro)
  • convertisseur Minolta 1.4x Apo pour 1,800 RMB, presque neuf (honnête)
  • convertisseur Sony 2x pour 3,200 RMB (pas si terrible, même pour une pièce en parfait état)

Comme vous pouvez le voir, vous pouvez trouver quelques bonnes affaires. Ou vous pouvez simplement faire le tour des boutiques spécialisées dans l’éclairage de studio. Ou vous pouvez vous rendre au dernier étage pour rencontrer les vendeurs Leica dans un espace de vitrines blanches et métal. Ou vous pouvez chercher votre trépied à moitié prix (toutes les grandes marques sont là, plus quelques bonnes marques locales).

Conclusion, temporaire

Shanghai est un super endroit si vous aimez les grandes villes et les gratte-ciel. Le tourisme y est agréable et des centaines de milliers d’expatriés (et encore plus de touristes) ont rendu les habitants très accueillants.

Interdictions - Copyright (C) 2008 Yves Roumazeilles

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