8 astuces pour des images piquées

Ce que je fais (ou ce que je devrais faire, puisque -comme tout le monde- je ne me tiens pas à mes bonnes résolutions) pour obtenir de belles images photographiques bien piquées. D’autant plus que c’est important pour obtenir des images aptes à être tirées en grand format (aussi bien en A3 sur votre belle jet d’encre toute neuve qu’en poster chez un imprimeur).

Un objectif de qualité

Le premier conseil que je donnerai est de choisir un objectif de haut de gamme. Il est vrai que les zooms trans-standard du kit de base de la plupart des appareils reflex donnent de bons résultats dans un format exceptionnellement compact et agréable à l’usage. Mais ce sont aussi des éléments d’optique qui doivent trouver des compromis partout y compris dans la qualité des images rendues.

Les zooms professionnels (les plus chers) sont souvent capables de prouesses, mais les optiques fixes de qualité peuvent atteindre des niveaux de qualité qu’aucun zoom n’approche. C’est même un des seuls arguments pour les objectifs à focale fixe : la qualité.

C’est ainsi que, dans la gamme Minolta-Sony, j’ai jeté mon dévolu sur les télé-objectifs blancs de la gamme APO G qui, encore aujourd’hui, produisent des images exceptionnelles (pour un prix non-moins étourdissant si on n’achète pas en occasion). Mais chaque fabricant un tant soit peu sérieux apporte quelques beaux objectifs dans sa gamme.


Un diaphragme un peu fermé

Même le meilleur objectif n’est pas parfait et il est rarement à son meilleur à pleine ouverture. Typiquement, il faut fermer le diaphragme de 2 ou 3 crans pour atteindre le sommet de la qualité (à vérifier dans les analyses des magazines).

Des petits ISO

Aussi bien en argentique qu’en numérique, il est difficile d’éviter le bruit et la perte de résolution quand on monte dans les ISO. La course à la sensibilité se traduit par des défauts qui peuvent aller jusqu’au grossier. Sachez quelle gamme de sensibilité vous êtes prêt à utiliser (au delà de certaines valeurs -400 ISO, 800 ISO, 1600 ISO- le bruit deviendra trop gênant) et restez-y quoi qu’il arrive. Essayez de travailler à la sensibilité de base de votre boîtier numérique (souvent 100 ISO, parfois 200 ISO ; consultez votre manuel).

Sus aux vibrations

Il y a peu de choses qui dégradent aussi efficacement le piqué que les vibrations lors de la prise de vue. Vibration du photographe, de l’appareil ou du sujet. Si ce dernier le permet, choisissez un trépied qui vous permettra de profiter d’une basse sensibilité sans trop ouvrir le diaphragme.

Sinon, adoptez une vitesse d’exposition suffisamment rapide pour effacer toutes les vibrations (y compris les mouvements du sujet). Par exemple, les oiseaux permettent rarement une vitesse inférieure à 1/250s (beaucoup préfereront 1/1000s pour figer les poses).

Pas de JPEG

En numérique, il y a un format d’image qui dégrade le piqué local efficacement : le format JPEG. Si le taux de compression n’est pas trop élevé (qualité maximale) cela peut rester supportable, mais le mieux reste encore de travailler à partir d’une image RAW bien plus riche et avec tous ses détails encore disponibles.

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Exposition impeccable et traitement aux petits oignons

Mais l’image prise, il est encore possible de la dégrader férocément. Attention à exposer l’image impeccablement. Vous me direz qu’il est toujours possible de se rattraper. Je vous répondrai que les dégats faits ne seront jamais corrigés (là où une sur- ou sous-exposition vient retirer une partie des informations de l’image, aucun post-traitement ne viendra la recréer ; tout juste sera-t-il possible de rattraper).

Ayant exposé une image RAW, faites attention à ne pas la manipuler abusivement. Commencez par quelques corrections fines de l’exposition et de la couleur. Ne jouez pas avec les autres outils (ou alors de manière aussi discrète que possible, et encore…)

Reprendre la taille de l’image après le pré-traitement (dans la plupart des cas, vous voudrez garder une copie à pleine résolution), appliquer l’accentuation de base (voir ci-dessous).

Sauvegardez l’image dans un format qui préserve la qualité au maximum : je recommande à nouveau d’oublier le JPEG, et de préférer le format TIFF.

Accentuer

Presque toutes les images numériques demandent une certaine accentuation qui apportera une apparence de piqué supplémentaire. Mais il faut faire infiniment attention à cette étape qui est capable de détruire tous les efforts antérieurs par une accentuation exagérée.

Sous Photoshop, utilisez l’outil de filtre « Accentuation… » (Unsharp en anglais).

PhotographyJam recommande les valeurs suivantes pour point de départ pour une accentuation :

Sujet Gain Rayon Seuil
Sujet doux 150 1 10
Portraits 75 2 3
Accentuation modérée 225 0.5 0
Accentuation forte 65 4 3
Solution « à tout faire » 85 1 4
Pour le web 400 0.3 0

De la lumière

Mais dans tous les cas, pour atteindre tous les autres obejctifs, il vous faudra assez de lumière. Donc, comme tous photographe vous le dira toujours, votre première et dernière attention devra aller à la lumière. Assez de lumière, une belle lumière, une lumière orientée convenablement pour donner un sujet bien éclairé et donc susceptible de faire une belle image, parce qu’une belle photo ne sera pas seulement une photo bien piquée, mais surtout une belle photo.