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Botswana, c’est sauvage

De retour du Botswana depuis quelques semaines, il est maintenant temps de faire un bilan et (si vous le souhaitez) de le partager avec vous. En effet, je suis parti en Afrique Australe avec l’aide de Objectif Nature, l’agence de voyage photographique bien connue. J’ai utilis√© leur formule Botswana Sauvage qui pr√©sente plusieurs int√©r√™ts :

  • 15 jours de voyages pour maximiser le temps de photographie.
  • 3 lieux embl√©matiques du Botswana : la rivi√®re Chobe, le parc de Savuti et ses √©l√©phants, Khwai et Moremi.
  • Des camps de brousse qui bien que spartiates permettent de rester √† proximit√© imm√©diate de la faune.
  • Un accompagnement de qualit√©.

Comme j’avais d√©j√† r√©alis√© un voyage presqu’identique il y a dix huit mois (les diff√©rences tenaient surtout √† la m√©t√©orologie nous le verrons), c’est presqu’un multi-test de la prestation Botswana Sauvage auquel je me plis ici et il est aussi possible de se faire ainsi une meilleure id√©e de ce qui peut varier d’un safari √† l’autre pour une m√™me destination et une m√™me organisation.

Voyages

M√™me si l’on souhaiterait que le safari photo se limite √† des heures derri√®re le viseur, il y a aussi beaucoup de transports et cela reste une des meilleures raisons pour ne pas choisir les prestations les plus courtes (7 jours dont 4 de transport : la recette pour la d√©ception). C’est donc une partie √† laquelle le touriste photographe est tr√®s sensisble m√™me s’il a √©t√© pr√©venu de l’importance de l’impr√©visibilit√© dans les voyages en g√©n√©ral, en Afrique souvent et √† distance des prestataires les plus industriels dnas ce cas particulier.

La premi√®re partie est le transport a√©rien. Objectif Nature a la d√©sagr√©able (m√™me si parfois compr√©hensible) habitude de booker ses billets un peu tard (sans doute aussi tard que les r√©servations qui lui sont faites) mais cela cr√©e un certain flou. Il s’est r√©v√©l√© lors des conversations de Herv√© Fourneau avec certains voyageurs du groupe : il pensait que le groupe partait sur British Airways quand les billets se sont r√©v√©l√©s √™tre pris sur Qatar Airways. La plus grosse diff√©rence vient apparemment de la flexibilit√© sur les poids de bagages √† main. Malgr√© l’annonce de plus de 20kg de limite « √† main », il a fallu se r√©signer √† l’a√©roport √† voir la barre fix√©e √† 8kg. Il a fallu combiner la patience et la pers√©v√©ration de Patrick Fagot, l’accompagnateur, pour passer cette limite √† 10kg et les acrobaties r√©glementaires pour permettre de ne pas mettre de mat√©riel fragile en soute.

Pour faire court : la m√©thode a consist√© √† vider tout ce qui √©tait possible dans les poches des vestes de chacun (un boitier √† droite, un petit t√©l√© √† gauche, un grand angle en int√©rieur, un videur de carte √† la ceinture, etc.) avant la pes√©e du sac photo. Malgr√© nos airs de baudruches gonfl√©es √† l’h√©lium, la r√®gle √©tait respect√©e. Ensuite, cinquante m√®tres plus loin, nous avons proc√©d√© √† l’op√©ration inverse pour reconstituer les sacs photo « impliqu√©s ». Je savais que la limite ne pouvait en aucun cas √™tre √† 20kg, et j’√©tais organis√© en fonction de cette situation d√©j√† rencontr√©e en Afrique et au N√©pal par le pass√©. Mais une information plus pr√©cise aurait certainement √©vit√© √† certains de mes compagnons de voyage de se charger inutilement (ou de mani√®re redondante) en fonction de cette mauvaise information qui provenait pourtant d’une personne qui n’est pas un d√©butant.

Quand donc, Objectif Nature se d√©cidera donc √† publier des consignes claires et simples sur ce point ? Une page de recommandations d√©taill√©es sur le site, ce serait si facile…

Les trajets au Botswana (ou au Zimbabwe) se sont d√©roul√© sans grosse anicroche si l’on excepte la liaison Khwai -> Moremi (lever 5h30 pour arriver √† 18h30 en ayant limit√© les arr√™ts au strict minimum). L’an dernier, je n’avais pas per√ßu cet aspect : le camp de Moremi, inaccessible pour cause d’inondation avait √©t√© remplac√© par un camp plus proche et pas moins pratique.

Pour le reste, les temps de trajet ont √©t√© conformes aux pr√©visions (je connais d’autres voyages o√Ļ cela a pu varier de plus de 24 heures au total). Le seul vrai reproche √† faire est certainement le retour qui a oblig√© √† se lever t√īt pour aller chercher un avion √† Maun qui nous a pos√© √† Johannesbourg pour 9 heures d’attente : il y avait un autre avion √† Maun, de la m√™me compagnie Air Botswana, deux heures et demi plus tard…

Enfin, le retour s’est fait sans accompagnateur Objectif Nature (P.Fagot rest√© pour r√©ceptionner le voyage suivant). ; cela s’expliquait par des circonstances apparemment en dehors de la volont√© de l’agence, donc…

Services

Dans un voyage de safari photo haut de gamme, les prestations de service sont nombreuses, vari√©es et souvent riches. C’est m√™me une part importante du voyage : on ne part pas avec Objectif Nature comme si on louait un 4×4 en Turquie m√©ridionale.

  • Contacter les voyageurs √† l’avance pour v√©rifier leur √©tat de pr√©paration est un service important apport√© par ON. Mais cette fois-ci, l’appel a √©t√© tr√®s tardif et, pour ceux qui partaient pour la premi√®re fois dans ce type d’aventure (Patrick Fagot savait bien que je m’√©tais d√©j√† organis√© sur la base de ma propre exp√©rience), il n’y avait plus m√™me la possibilit√© de passer la commande d’une batterie ou d’un chapeau sur Internet avant le d√©part.
  • Les camps de brousse √©taient proprement luxueux. Compar√©s √† ceux que j’ai pu conna√ģtre ailleurs, mais aussi au Botswana l’an dernier, la pr√©sence d’une zone de douche et de WC isol√©s derri√®re chaque tente apporte √† la fois du confort et de la s√©curit√© (on ne le r√©p√©tera jamais assez : en brousse, on ne sort pas de la tente la nuit. Jamais.)
  • L’√©quipe locale qui nous accompagnait comportait 4 personnes, dont le guide-chauffeur. C’est une personne de plus que l’an dernier. Comme ils √©taient tous gentils et tr√®s d√©tendus, cela apporte un grand + au s√©jour. La nourriture √©tant g√©n√©reuse et d’excellente qualit√© (les fran√ßais sont exigeants dans ce domaine), la bonne humeur √©tait encore plus facile √† maintenir.
  • L’option « survol du delta de l’Okavango en h√©licopt√®re » est clairement la partie la plus al√©atoire de ce voyage. Cela peut √™tre parfaitement f√©√©rique, mais √† chaque fois, les prix semblent tir√©s au sort (ou « √† la g…e du client »). L’an dernier, forte augmentation par rapport au montant annonc√© par ON. Cette ann√©e, encore. Prix diff√©rent entre mon voyage et le voyage qui pr√©c√©dait (15 jours avant avec Marie-Christine Denis-Huot), puis remboursement partiel annonc√© par mail apr√®s le retour. Recommandation √† ON : R√©servez √† l’avance et fixez le prix. Ces gesticulations sont ridicules.
  • Les camions utilis√©s lors des deux safaris, sont des Land Rover au chassis allong√© et √©quip√©s pour accueillir 12 personnes (seulement 8 avec Objectif Nature). En 2010, les camions de Bushways disposaient d’un toit ouvert qui est favorable pour la photographie des oiseaux en vol ou debout depuis le toit). Ce n’√©tait pas le cas en 2011, mais par contre les Land Rovers √©taient √©quip√©s de deux batteries ind√©pendantes pour faciliter la charge des batteries (une activit√© centrale durant tout le voyage). L’√©quipement en tension secteur (grace √† un onduleur √©tait un avantage notable m√™me si Objectif Nature ne semblait pas √™tre au courant de ce d√©tail important lors des discussions de pr√©paration avec certains voyageurs). Le mieux serait sans doute (c’est aujourd’hui possible) de mentionner sur le site web, pour chaque voyage ON, quel type d’√©quipement √©lectrique est pr√©vu ; tout serait clair pour ceux qui ne sont pas √©quip√©s redondant comme je le suis.
  • M√™me si c’est mentionn√© clairement dans le programme, je continue √† penser que l’exclusion de deux repas de la prestation totale est ridicule. Elle oblige √† se promener avec un peu d’argent liquide faute d’√™tre s√Ľr du fonctionnement d’une carte bleue √† l’autre bout du monde pour des sommes…
  • A l’oppos√©, il √©tait appr√©ciable de voir que toutes les boissons √©taient en libre service pendant les camps. C’est tr√®s plaisant, mais tenir « une ardoise » des consommations individuelles ne m’a jamais paru une difficult√© lors d’autres voyages o√Ļ c’√©tait plut√īt la r√®gle.

Photographie et nature

Mais tout cela n’est jamais que l’intendance. Nous partons au Botswana pour voir des animaux. La premi√®re fois que je m’y suis rendu (avec Objectif Nature, en mai 2010, en fin de saison humide donc) j’avais √©t√© absolument emball√© par la densit√© des animaux et le c√īt√© furieusement sauvage de la faune rencontr√©e. En particulier, √† Savuti, les √©l√©phants √©taient particuli√®rement agressifs (parce qu’en p√©riode de must). La tr√®s faible densit√© de touristes √©tait aussi tr√®s attirante. Il faut dire que l’eau √©tait partout et rendait les d√©placements r√©ellement difficiles (nous avions observ√© un certain nombre de v√©hicules tout simplement abandonn√©s par leur propri√©taire).

Cette ann√©e, en octobre, la saison sensiblement diff√©rente a produit une image diff√©rente du pays. Les eaux √©lev√©es n’√©taient pas aussi terriblement envahissantes (fin de saison s√®che) et la conduite d’Andreas, le guide-chauffeur, √©tait plus souvent contrari√©e par le sable et la poussi√®re que par les gu√©s ou les contournements des gu√©s infranchissables. Mais il s’agit bien d’une partie tr√®s humide du Botswana. La faune y est tr√®s dense d√®s qu’on se situe √† la lisi√®re entre deux biotopes (en particulier entre lac, rivi√®re et savane ou bush). La fin de la saison s√®che est aussi le moment o√Ļ les arbres et les plantes commencent √† refleurir, produisant des spectacles de plus en plus √©tonnants.

Quelle que soit la p√©riode de l’ann√©e, les animaux sont tr√®s pr√©sents et l’homme n’est qu’un invit√© tol√©r√© (Dites donc √ßa √† l’√©l√©phant qui est venu v√©rifier ma douche en plein camp ; nous sommes rest√©s bons amis, mais il √©tait bien gros √† cette distance). Les animaux sont tr√®s diversifi√©s et les opportunit√©s de photo sont tr√®s nombreuses. On ne le dira jamais assez, la nature d√©cide seule quels animaux vous verrez, mais rester longtemps (souvent plusieurs dizaines de minutes) avec un lion au soleil, avec des mangoustes qui jouent sur une branche, avec un pic sur un tronc d’arbre ou avec un vautour sur une carcasse puante, est l’occasion de faire de belles photos en s’appliquant et en profitant de la lumi√®re changeante ou des attitudes toujours renouvel√©es.

La recommandation habituelle des safaris photo en Afrique est de s’√©quiper avec au moins un long t√©l√© (400mm ou plus) est √† √©couter : on ne peut pas toujours s’approcher autant qu’on le souhaiterait. Mais notre groupe de cet ann√©e a d√©montr√© qu’il y avait plusieurs options possibles et qu’il ne fallait rien n√©gliger.

  • Un 600mm est une tr√®s belle optique mais le manipuler demande une musculature d’athl√®te (je ne connais que Laurent Baheux pour pouvoir le manipuler √† main lev√©e √† longueur de journ√©e). Un monopode devient absolument indispensable en y ajoutant… une importante capacit√© d’anticipation.
  • Un 400mm est souhaitable (c’est mon arme pr√©f√©r√©e), mais un bon 300mm (parfois compl√©t√© d’un multiplicateur 1.4x) est une tr√®s bonne solution aux mains d’un photographe attentif.
  • Un grand angle est souhaitable pour profiter aussi des paysages (y compris quand on se rend aux chutes Victoria, au d√©but du voyage).
  • Apr√®s le t√©l√©, je reste convaincu qu’il faut avoir un 70-200mm pour profiter compl√®tement d’un safari photo.
  • Arriver dans un safari photo sans grandes comp√©tences photo et sans √©quipement impressionnant n’est gu√®re un probl√®me √† une condition : vouloir prendre son temps pour observer, pour photographier (m√™me avec un bridge ou un compact), pour profiter de la nature. Enfin, il faut accepter d’√©couter les fanatiques (que nous sommes) parler sans fin de leur mat√©riel et de leur technique. Mais un peu de sens de l’humour et de sociabilit√© rendent les choses parfaitement plaisantes.

Hélicoptère

Le circuit Botswana sauvage de Objectif Nature comporte aussi deux options de survol en h√©licopt√®re (des chutes Victoria et du delta de l’Okavango depuis Maun). Je ne suis pas un fanatique de cette possibilit√© : les conditions de prise de vue sont difficiles mais il s’agit d’un angle d’approche totalement diff√©rent.

Je ne reviendrai pas sur les commentaires pr√©c√©dents √† ce sujet, mais j’insisterai sur un point : si vous voulez faire des photographies de qualit√©, il vous faut voler sans fen√™tre (g√©n√©ralement sans porte) au risque d’√™tre un peu enrhum√© par le vent (interdisez-vous toute manipulation d’√©quipement : une carte m√©moire, ne pas changer d’objectif). M√™me parfaitement nettoy√©es les vitre en plexiglas ne sont gu√®re compatibles avec la photo.

√Čquipement √† emporter : maximum un t√©l√© 200mm. Un 28-105mm ou un 35-120mm est sans doute le meilleur zoom √† prendre dans ces conditions de vol √† basse altitude. Mais un 35-70mm ou 70-200mm est sans doute OK.

Des recommandations complémentaires : 5+1 trucs pour photographier en hélicoptère (sur www.YLovePhoto.com).

Conclusion

Quand on vous dit que le Botswana est un des derniers lieux vraiment sauvages de l’Afrique, c’est non seulement vrai, mais une excellente raison de photographe pour y aller. Les circuits propos√©s par Objectif Nature dont le voyage Botswana Sauvage correspond bien aux attentes d’un photographe amoureux de la nature. La dur√©e est excellente (13 nuits) pour en prendre « plein les yeux ».

Mais plus important encore, il me faut remercier Patrick Fagot l’accompagnateur patient du groupe de cet ann√©e, et Laurent Baheux l’accompagnateur avec qui je voyageais l’an dernier. Les deux √©quipes locales de 2010 et de 2011 ont √©t√© absolument sympathiques et tr√®s comp√©tentes. Mieux, ce sont les voyageurs qui font le voyage en groupe : patience, sens de l’humour, sens de l’√©coute, attention aux autres et coop√©ration sont les mots importants qui viennent √† l’esprit. Chaque fois qu’un groupe oublie ces mots, le voyage prend une dimension beaucoup plus √©prouvante que les deux merveilleux safaris photo que j’ai fait au Botswana. Merci √† elles et √† eux.

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2 réponses à “Botswana, c’est sauvage”

  1. Yves Roumazeilles a dit :

    Tiens ! Je viens de retomber absolument par hasard sur les documents de voyage d’√Čtendues Sauvages pour le N√©pal. Ils r√©pondent tr√®s bien aux questions qui avaient re√ßu de mauvaises r√©ponses chez Objectif Nature : une feuille pour d√©crire l’√©lectricit√© du voyage et une feuille concernant le voyage dont une mention des poids de bagages en haut de la page.

    Objectif Nature et Herv√©, prenez-en de la graine, ce n’est pas compliqu√©.


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